J'ouvre. Flamme du début. Incandescence du moment, elle allume une histoire. L'odeur du gaz s'échappe de cette page entamée. Elle se consume, lentement, doucement, fébrilement. Nicotine d'un moment désiré, elle se place, en cible d'un manque. Entre mes doigts, la douceur de la feuille, dans mes narines, l'acidité de son odeur. Mes poumons toussent, mon c½ur commence une longue apnée. Chavirement de l'instant voulut, le vent, des tempêtes restent les ombres à ce délice interdit. L'air sur ma peau refroidie par la saison laisse apparaître des traces de brûlures, cicatrices du passé, la fumée qui est alors, mon unique source de chaleur ,réchauffe durement les souvenirs. Mes doigts se crispent sur ce bout de papier, j'arrive au milieu. Le goût change, une teinte de mélancolie dans sa saveur. Je vois le filtre. Je connais cette fin. Je ne veux pas. Elle s'éteint. Non, ne m'abandonne pas. Du feu, une flamme vite. Furieusement, peur panique, je rallume. Une étincelle, oui .Elle s'échappe. Non, reviens. Impossible. Mes poumons brûlent, mon c½ur se noie. Prisonniére, j'étouffe. Un incendie de douleurs, des fumées de regrets nourrissent le souvenir de cette haine. J'ai chaud. Tu entends, j'ai chaud. Non, tu es loin. Je réessaie. Je n'y arrive pas. Je n'y arrive plus. Le gaz m'abandonne alors. Tout comme toi.
Mea Culpa.



