Une piéce sale,un lit vide,un inconnu. Comment suis je arrivée là,l'alcool a effacé mes souvenirs,les quelques secondes de réalité s'écoulent au fur et a mesure que la cigarette se consume dans le cendrier. Comment. Pourquoi. A vrai dire, je m'en fous.J'attrape sa chemise,le pousse contre le lit miteux.Je le hais déjà.La seule lumiére de la piéce vient de la lune. Le ciel. Ce ciel. Le même que lorsque nous...Foutaises.On s'en tape.Fini,terminé.Passé.
Ma jupe se fend au fil des mouvements.Il essaie d'agriper une jambe.La claque part toute seule.Ses doigts me dégoutent,et tremblent sur sa ceinture.Ne me touche pas abrutis.Son souffle me donne la nosée.Un miroir est placé face au lit. Le spectacle que j'observe me fait pitié.Comme lui.Comme eux.Comme moi.
Son râle de plaisir sous mes reins me repulse.Je ne veux pas le voir.Je ne veux pas les voir.Je cale un oreiller sur son visage,sa face de con que je méprise.Je méprise son être,son corps,son âme,ses proches,sa vie.Je me méprise.Les gouttes de sueur viennent perler le bas de mon dos pour mourir sur les draps,il essaie de poser ses mains sur ma peau nue.Je lui griffe le bras.J'appuie sur l'oreiller,et prie qu'il me haïsse.J'ai chaud.Et tellement froid.
Mon khôl coule sous mes larmes.La douleur dans le plaisir.La haine dans la perversion.Putains d'Humains.J'ai envie de partir, me casser,le laisser bander là sur ce lit de haines.Dans cette chambre de merde.Je me retire avant qu'il ne me salisse plus.Je n'ai plus d'âme,de corps,de vie.Qui est l'être à côté de moi.J'aimerai tellement le faire souffrir.Le regarder mourir sur le trottoir,comme on me laisse crever dans ces draps mouillés.Qu'il souffre,me supplie. Je ne vis pas.Je ne vis plus.L'abandon d'un chien que son maître attache à l'arbre,l'agonie qui le brûle doucement.J'ai encore l'odeur des souvenirs,le goût de sa peau... Ferme la. Passé.Ne plus y penser.Je me tourne dos à celui qui pourrait representer toutes les personnes que je hais,que j'humilie depuis que tu es partis.Mes larmes viennent seules perler mes joues,mourir sur ma peau sale de chagrins.Mes yeux de non vie qui observent ce que je parvient à voir.Le plafond tourne.Encore.Je me léve,regarde.Il dort.Ca dort.Ca me dégoute.
La fenêtre laisse un souffle frais passer à travers les rideaux.J'allume une cigarette.Le ciel.Regarde l'allumette se consumer.À petits feux.Comme moi.L'Humain aime souffrir.Il naît en hurlant,il vit en hurlant,il meurt en silence et laisse les autres hurler.Si les autres existent.L'amour n'est là que pour endormir sa souffrance.Un drap qui enveloppe le feu pour l'étouffer.Mais les cendres restent.
Le soleil se lève.Mais mon jour n'est plus.
Mes yeux aveuglés te cherchent.Où es tu.